Pilotée par l’ORS Ile-de-France, en collaboration avec l’ANRS et l’Inpes, les premiers résultats de l’enquête KABP2010 relative aux connaissances, attitudes, croyances et comportements des Français face au VIH(1) sont disponibles. Ils portent sur les données franciliennes, mais annoncent déjà la tendance pour l’ensemble de l’Hexagone. Avec pour principal enseignement : les 18-30 ans connaissent moins bien les modes de transmission et de protection du sida que les 45-54 ans.

 

Cette nouvelle enquête montre que le sida suscite moins d’appréhension que le cancer, les accidents de la circulation ou les maladies cardiaques. Ainsi, en 2010, seuls 27 % des Franciliens déclarent le craindre pour eux-mêmes.

 

Encore des idées reçues

Globalement, les sondés affichent une bonne connaissance de la maladie, en termes de modes de transmission, de prévention ou encore de traitements. Toutefois, des idées fausses persistent : 21 % des personnes interrogées en Ile-de-France pensent que le virus peut se transmettre "par une piqûre de moustique", 13 % "dans les toilettes publiques" et 6 % "en buvant dans le verre d’une personne contaminée". Et pour la première fois dans le cadre des enquêtes ANRS, ce sont les jeunes de 18-30 ans qui maîtrisent le moins les modes de transmission et de protection du VIH. En outre, seuls 59 % d’entre eux connaissent l’existence des traitements antiviraux (contre 66 % en 2004).

Et la discrimination ?

En 2010, environ un Francilien sur cinq déclare connaître un parent, un ami, un collègue ou un partenaire séropositif ou malade du sida. Dans l’ensemble, les sondés ont une attitude plutôt positive face aux personnes atteintes : plus de 90 % acceptent de travailler, de manger ou de partir en vacances avec elles. Toutefois, la majorité refuserait d’avoir des relations sexuelles – protégées – avec une personne séropositive. Une tendance d’ailleurs plus marquée chez les jeunes.

Préservatif et premiers rapports

L’enquête montre que pour 75,9 % des sondés, l’utilisation du préservatif est "banale" (contre 71,9 % en 1994). En revanche, seuls 58,8 % d’entre eux la considèrent "tout à fait efficace" pour se protéger du sida (contre 73,5 % en 1994). De plus en plus de personnes pensent même que le virus peut se transmettre lors d’un rapport sexuel protégé. Des croyances partagées tout particulièrement par les 18-30 ans, qui ont cependant largement recours au préservatif. Globalement, plus de neuf Franciliens sur dix déclarent d’ailleurs s’être protégés lors de leur premier rapport ; le préservatif est utilisé dans 80 % des cas.

Le dépistage plus répandu

En 2010, 79 % des Franciliennes et 66 % des Franciliens déclarent avoir effectué au moins une fois un test du VIH ; des chiffres qui ont doublé depuis 1992. Par ailleurs, l’enquête fait apparaître une augmentation des dépistages effectués sans raison particulière. Ainsi, 72 % des sondés jugent efficace de prendre soi-même l'initiative de faire un test régulièrement (contre 64 % en 2004).
Pour 84 % des personnes interrogées, demander à son partenaire de se faire dépister est également un moyen de se protéger
– un chiffre qui s’élève à 90 % chez les 18-30 ans. 
Parmi les sondés qui n’ont jamais réalisé le test, 75 % ne s’estiment pas à risque ; 10 % des femmes et 12 % des hommes n’y ont jamais pensé (contre 31 % et 39 % en 2004).


À noter : l’ensemble des résultats de l’enquête KABP sera disponible début 2012. 

Opinions sur de nouvelles stratégies de dépistage

Selon l’étude, près de 70 % des Franciliens accepteraient de se faire dépister à l’occasion d’une consultation chez le dentiste, 80 % lors d’une visite chez le médecin ou d’un passage dans un service d’urgence. Les trois quarts des personnes consultées effectueraient le dépistage plus facilement "s’il existait un test à faire soi-même à domicile avec un résultat immédiat".
Concernant l'adhésion au dépistage obligatoire, la plupart des sondés y sont favorables pour les femmes enceintes (80 %), les usagers de drogue (79 %), les prostitués (78 %) et les professions médicales (75 %). Et pour la première fois dans les enquêtesKABP, l’adhésion au test obligatoire pour l’ensemble de la population est en hausse, notamment chez les jeunes adultes, passant de 38 % en 2004 à 50 % en 2010.

(1) Initiée en 1992 par l’Observatoire régional de santé (ORS) d'Ile-de-France, l’enquête KABP a été renouvelée en 2010, en collaboration avec l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Inpes, qui lui a également apporté un soutien financier, aux côtés de l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), la Direction générale de la santé (DGS) et l’Institut de recherche en santé publique (IReSP).