Selon le quatrième baromètre Enfants et Internet réalisé par l'agence Calysto pour l'association La voix de l'enfant, plus de la moitié des jeunes Français sont adeptes de Facebook. Mais le problème de la confidentialité des données se pose à nouveau.


Plus d’un adolescent français sur deux utilisent le réseau social Facebook, selon le quatrième baromètre “Enfants et Internet” réalisé par l’agence Calysto pour l’association La voix de l’enfant. De 13 à 17 ans, ils sont même 75% à posséder un profil sur ce média. Un taux qui s’avère inquiétant dans la mesure où les jeunes ne protègent pas leurs données personnelles sur ce site, et que peu d’entre eux discutent avec leurs parents de ce qu’ils font sur Internet.

Facebook, nouvelle star des cours de récréation, selon La voix de l’enfant qui a publié jeudi son quatrième baromètre annuel Enfants & Internet. 75% des 13-15 ans et des 15-17 ans disent posséder un profil sur le fameux site aux 500 millions d’amis. Ils sont également 55% à en avoir un chez les 11-13 ans. A titre de comparaison, seulement 35% des 11-15 ans étaient inscrits sur Facebook en 2008-2009.

Dans le détail, une minorité non négligeable accepte “systématiquement” de nouveaux amis sur Facebook (26% chez les 11-13 ans, 18% chez les 13-15 ans et 12% chez les 15-17 ans).
Six adolescents de 13 à 17 ans sur dix publient des photos et des vidéos personnelles sur ce site (36% chez les 11-13 ans).

De plus, si environ la moitié des sondés dit connaître l’existence des paramètres de confidentialité sur Facebook (54% chez 15-17 ans, 47% chez les 13-15 ans, 20% chez les 11-13 ans), une majorité déclare ne pas protéger les informations personnelles qu’ils diffusent (respectivement 58%, 67% et 87%).

 

La voix de l’enfant rappelle qu’en théorie, Facebook reste interdit aux moins de 13 ans.
De manière générale, les jeunes internautes français semblent livrés à eux-mêmes sur le Web. Alors que 9 enfants sur 10 ont accès à Internet à la maison, les logiciels de contrôle parental ne sont installés sur l’ordinateur familial que dans 2 cas sur 10. Plus inquiétant encore, moins du tiers des internautes discutent avec leurs parents de ce qu’ils font sur la Toile (27% chez 15-17 ans, 26% chez les 13-15 ans et 32% chez les 11-13 ans).

Par ailleurs, environ 90% des jeunes interrogés reconnaissent être déjà tombés sur des contenus choquants sur Internet, mais moins de 10% en ont parlé avec un adulte (6% chez les 15-17 ans, 7% chez les 13-15 ans et 10% chez les 11-13 ans).

L’association regrette également le peu d’intérêt que portent les enfants au droit à l’oubli. Il serait toutefois intéressant que les parents sensibilisent les enfants sur ce problème. En effet, si 39% des 15-17 ans admettent avoir été victimes d’informations personnelles publiées à leur insu (seuls 21% ont déjà demandé la suppression de ces contenus), 49% reconnaissent l’avoir fait également subir à d’autres internautes.

L’enquête révèle aussi que la plupart des jeunes baignent dans le numérique, tous médias confondus. Par exemple, 87% des 11-13 ans jouent tous les jours aux jeux vidéos, près de la moitié le font avec des jeux interdits aux mineurs, 47% ont un téléphone mobile (73% chez les 13-15 ans et 91% chez les 15-17 ans), mais 4% ont une fonction contrôle parental activée, 37% passent plus de deux heures pas jour sur MSN (26% y discutent régulièrement avec des inconnus), etc.

Enfin, le téléchargement reste une pratique très populaire chez les adolescents. Entre 48 et 75% téléchargent régulièrement, et illégalement, de la musique, et entre 37 et 63% des films ou des séries TV. Dans ce cadre, ils leur arrivent parfois de tomber sur des contenus choquants type violence ou pornographie (17% des 11-13 ans, 32% des 13-15 ans et 55% des 15-17 ans).

Cette enquête a été réalisée par l’agence Calysto auprès de 35.000 enfants âgés de 11 à 17 ans rencontrés entre le 10 mai et le 17 juin 2010.