Inquiétude sur la pauvreté des enfants

AFP
15/11/2010 | 

La Défenseure des enfants Dominique Versini s'inquiète de la pauvreté des enfants dans un rapport présenté aujourd'hui, s'alarmant notamment des conséquences sur leur santé, leur parcours scolaire ou leurs mauvaises conditions de logement.

"Il y a huit millions de personnes pauvres dont deux millions d'enfants" qui vivent avec moins de 950 euros par mois, selon les chiffres de l'Insee, rappelle Dominique Versini dans un entretien avec l'AFP. Selon son rapport, "les enfants pauvres subissent des inégalités croissantes dans l’accès aux soins ce qui tend à créer une médecine à deux vitesses". La Défenseure y note par exemple une "insuffisante mobilisation au niveau de la périnatalité, alors qu’il y a une 'survulnérabilité' des familles" à ce moment-là.

De plus, explique le rapport, faute d'aller chez des médecins de villes qui n'acceptent pas tous les patients sous couverture médicale universelle (CMU), "les enfants fréquentent de plus en plus les urgences hospitalières, ce qui crée une discontinuité dans leurs parcours de soins". L'une des conséquences est "le risque de surpoids chez les enfants et les adolescents en situation de précarité (qui) est multiplié par trois".

Par ailleurs, 17% des enfants touchés par le saturnisme (qui se transmet via l'ingestion de peinture au plomb) vivent dans une famille bénéficiant de la CMU, relève aussi le rapport.

Mme Versini souligne aussi le manque de logements sociaux, déplorant une "absence de volonté politique" de faire appliquer la loi qui oblige les communes de plus de 5.000 habitants à avoir 20% de logements sociaux. Cette pénurie de logements sociaux "bloque les familles dans les centres d’hébergement d’urgence et de réinsertion sociale (CHRS), voire dans des petits hôtels avec des durées de séjour longues (de 18 mois à 2 ou 3 ans)".

Cette situation "a une incidence indiscutable sur le parcours scolaire des enfants" qui ont du mal à se concentrer tant ils sont préoccupés par les soucis de leurs parents, selon le document.

Dominique Versini propose donc notamment un "plan santé enfant et adolescent", une meilleure application de la loi SRU obligeant la construction de logements sociaux, la création de modes de garde "adaptés" à tous les horaires et revenus, et prône la réduction du nombre de placements d'enfants en institution pour cause de précarité.