Neuf collégiens sur dix avouent être tombés sur des contenus choquants lors de leurs pérégrinations en ligne.

La déferlante s'est transformée en raz de marée. 97 % des collégiens déclarent désormais avoir Internet à la maison, trois sur quatre disent posséder un téléphone mobile et 90 % jouent régulièrement à des jeux vidéo. Ces chiffres sont issus d'une enquête réalisée en 2008-2009 et menée auprès de plus de 33 400 collégiens âgés de 11 à 15 ans. Présentée hier par la fédération La Voix de l'enfant et l'agence conseil Calysto, elle permet de faire le point sur l'évolution des usages alors que le virtuel et ses écueils ont déjà fait l'objet de plusieurs campagnes de prévention.

Premier constat, contrairement à toutes les recommandations, plus de la moitié des adolescents (51 %) se connectent à présent dans leur chambre, loin de toute surveillance. Une évolution prévisible au vu de la multiplication du Wi-Fi, des ordinateurs portables et d'Internet sur les téléphones. «Cela ne sert à rien de leur défendre de surfer seuls, estime Martine Brousse, la directrice de La Voix de l'enfant, qui entend sortir d'un discours répressif. Mieux vaut insister sur l'éducation et le dialogue plutôt que d'interdire.» Dans cette optique, l'association s'apprête à lancer une opération de communication sur le moteur de recherche Google.

Pourtant, la Toile n'est pas toujours un endroit sûr. Près de neuf collégiens sur dix avouent en effet être tombés sur des contenus choquants lors de leurs pérégrinations en ligne. Seuls 17 % d'entre eux ont abordé cette mésaventure avec un adulte, ces derniers étant par ailleurs parfois mal placés pour donner des leçons. Un quart des jeunes interrogés confient en effet qu'ils procèdent à des téléchargements… à la demande de leurs parents. «Il s'agit parfois de films violents, interdits au moins de 16 ans» , regrette la directrice de La Voix de l'enfant. «En outre, les parents pensent que leurs enfants sont plus en sécurité à la maison, sur leur messagerie instantanée, qu'en train de jouer dehors avec leurs amis.» Quitte à y passer un temps fou. Près de 45 % des 11- 15 ans estiment en effet converser en ligne plus d'une heure par jour. 12 % de bavards accordent même plus de trois heures quotidiennes à cette activité !

 

«Le virtuel recoupe le réel»

 

Cette accoutumance se teinte aussi d'imprudence. Régulièrement sollicités par des inconnus sur leur messagerie instantanée, 20 % des collégiens acceptent tous les contacts - un pourcentage en progression et plus de la moitié d'entre eux utilisent toujours une webcam sur ce support. Ignorant toute notion d'intimité, ils se servent amplement de leurs blogs, de leur téléphone portable ou de réseaux sociaux comme Facebook pour montrer des photos de leurs amis, d'eux-mêmes et pour diffuser des informations sur leur vie. «Une grande partie de notre travail de sensibilisation consiste à leur faire comprendre que le virtuel recoupe le réel, qu'une information donnée sur Internet ne sera pas forcément consultée que par leurs amis» , note Martine Brousse. Plus sécurisant, 80 % des 11-15 ans déclarent également utiliser aussi Internet pour faire leurs devoirs.