06 décembre 2011
Pilotée par l’ORS Ile-de-France, en collaboration avec l’ANRS et l’Inpes, les premiers résultats de l’enquête KABP2010 relative aux connaissances, attitudes, croyances et comportements des Français face au VIH(1) sont disponibles. Ils portent sur les données franciliennes, mais annoncent déjà la tendance pour l’ensemble de l’Hexagone. Avec pour principal enseignement : les 18-30 ans connaissent moins bien les modes de transmission et de protection du sida que les 45-54 ans.
Cette nouvelle enquête montre que le sida suscite moins d’appréhension que le cancer, les accidents de la circulation ou les maladies cardiaques. Ainsi, en 2010, seuls 27 % des Franciliens déclarent le craindre pour eux-mêmes.
Encore des idées reçues
Globalement, les sondés affichent une bonne connaissance de la maladie, en termes de modes de transmission, de prévention ou encore de traitements. Toutefois, des idées fausses persistent : 21 % des personnes interrogées en Ile-de-France pensent que le virus peut se transmettre "par une piqûre de moustique", 13 % "dans les toilettes publiques" et 6 % "en buvant dans le verre d’une personne contaminée". Et pour la première fois dans le cadre des enquêtes ANRS, ce sont les jeunes de 18-30 ans qui maîtrisent le moins les modes de transmission et de protection du VIH. En outre, seuls 59 % d’entre eux connaissent l’existence des traitements antiviraux (contre 66 % en 2004).
Et la discrimination ?
En 2010, environ un Francilien sur cinq déclare connaître un parent, un ami, un collègue ou un partenaire séropositif ou malade du sida. Dans l’ensemble, les sondés ont une attitude plutôt positive face aux personnes atteintes : plus de 90 % acceptent de travailler, de manger ou de partir en vacances avec elles. Toutefois, la majorité refuserait d’avoir des relations sexuelles – protégées – avec une personne séropositive. Une tendance d’ailleurs plus marquée chez les jeunes.
Préservatif et premiers rapports
L’enquête montre que pour 75,9 % des sondés, l’utilisation du préservatif est "banale" (contre 71,9 % en 1994). En revanche, seuls 58,8 % d’entre eux la considèrent "tout à fait efficace" pour se protéger du sida (contre 73,5 % en 1994). De plus en plus de personnes pensent même que le virus peut se transmettre lors d’un rapport sexuel protégé. Des croyances partagées tout particulièrement par les 18-30 ans, qui ont cependant largement recours au préservatif. Globalement, plus de neuf Franciliens sur dix déclarent d’ailleurs s’être protégés lors de leur premier rapport ; le préservatif est utilisé dans 80 % des cas.
Le dépistage plus répandu
En 2010, 79 % des Franciliennes et 66 % des Franciliens déclarent avoir effectué au moins une fois un test du VIH ; des chiffres qui ont doublé depuis 1992. Par ailleurs, l’enquête fait apparaître une augmentation des dépistages effectués sans raison particulière. Ainsi, 72 % des sondés jugent efficace de prendre soi-même l'initiative de faire un test régulièrement (contre 64 % en 2004).
Pour 84 % des personnes interrogées, demander à son partenaire de se faire dépister est également un moyen de se protéger
– un chiffre qui s’élève à 90 % chez les 18-30 ans.
Parmi les sondés qui n’ont jamais réalisé le test, 75 % ne s’estiment pas à risque ; 10 % des femmes et 12 % des hommes n’y ont jamais pensé (contre 31 % et 39 % en 2004).
À noter : l’ensemble des résultats de l’enquête KABP sera disponible début 2012.
Opinions sur de nouvelles stratégies de dépistage
Selon l’étude, près de 70 % des Franciliens accepteraient de se faire dépister à l’occasion d’une consultation chez le dentiste, 80 % lors d’une visite chez le médecin ou d’un passage dans un service d’urgence. Les trois quarts des personnes consultées effectueraient le dépistage plus facilement "s’il existait un test à faire soi-même à domicile avec un résultat immédiat".
Concernant l'adhésion au dépistage obligatoire, la plupart des sondés y sont favorables pour les femmes enceintes (80 %), les usagers de drogue (79 %), les prostitués (78 %) et les professions médicales (75 %). Et pour la première fois dans les enquêtesKABP, l’adhésion au test obligatoire pour l’ensemble de la population est en hausse, notamment chez les jeunes adultes, passant de 38 % en 2004 à 50 % en 2010.
(1) Initiée en 1992 par l’Observatoire régional de santé (ORS) d'Ile-de-France, l’enquête KABP a été renouvelée en 2010, en collaboration avec l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Inpes, qui lui a également apporté un soutien financier, aux côtés de l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), la Direction générale de la santé (DGS) et l’Institut de recherche en santé publique (IReSP).
10 novembre 2011
"Univers-Cités" : |
Nayra Vacaflor est doctorante, chercheuse en communication à l'Université Bordeaux 3. Sa mission : rencontrer des jeunes des cités pour comprendre comment ils utilisent les nouvelles technologies (téléphones portables, jeux vidéo, internet) pour « construire leur identité ». "Univers Cités" est un film qui raconte comment, « en se laissant guider par les coeurs », elle entre en communication avec des jeunes gens qui évoquent leurs doutes et leurs rêves, la délicate question des origines ou encore celle de leur devenir.
Récemment récompensé par le Festival du Film de Chercheurs de Nancy, le documentaire présenté vendredi 3 juillet à la Maison des savoirs partagés de Floirac est un film inclassable, un travail d'équipe qui mèle de façon originale approche artistique, journalistique et scientifique.
Pour la réalisatrice, Ana-Milena Pabón, il s'agit avant tout d'un reportage sur les aspects humains d'une recherche : « c'est difficile d'expliquer pourquoi une chercheuse peut s'intéresser à la vie quotidienne des gens dans une cité. Par exemple, pour beaucoup de jeunes rencontrés, il aurait fallu filmer des choses plus excitantes, pas la banalité de la vie de tous les jours. ». Avec efficacité et sensibilité, elle parvient à capter les tours et les détours de l'enquête de terrain. Alain Bouldoires, responsable du programme Identités & Médias à Bordeaux 3 et commanditaire du film, précise : « Nous avons souhaité rendre visible le travail du chercheur en sciences humaines à un moment où la recherche est remise en question, et proposer en même temps un regard décalé sur les quartiers. Il faut se rapprocher du citoyen, la recherche est trop souvent enfermée dans les murs de l'université. »
La complicité d'une scientifique et d'un photographe Pour tenir ce pari, le film repose sur deux piliers, la doctorante Nayra Vacaflor et le photographe Vincent Bengold. Rieuse et attentive, prompte à la répartie, tactile et décomplexée, Nayra parvient à instaurer un rapport direct avec ses interlocuteurs. Elle travaille « par immersion » et reconnaît que son léger accent comme son physique peu identifiable (elle est de nationalité bolivienne) l'ont aidée sur le terrain. Le fait d'être une femme lui a également permis de pousser plus loin les entretiens avec les jeunes filles, moins présentes dans l'espace public des cités que les jeunes hommes.
Vincent Bengold l'accompagne ponctuellement et joue un rôle de médiateur en proposant aux personnes enquêtées de photographier avec un appareil jetable des éléments de leur vie : quelque chose de l'enfance, quelque chose de beau, ce qui représente les origines, ce qui fait rêver... Le ou la photographe improvisé-e commente ensuite les photos prises, ce qui permet d'initier une réflexion sur sa vie, son identité, sa trajectoire sociale. A la fin du processus, Vincent fait une photographie de la personne enquêtée. « J'essaye de faire un portrait le plus vrai possible par rapport à ce qui a été dit ». Ces ateliers d'images sont-ils seulement, comme il le suggère, « un prétexte pour une approche documentariste » ? Rien n'est moins sûr à voir ces grands portraits sobres qui dévoilent une part d'intériorité qui peut désormais s'offrir parce que préalablement conquise par l'expression de soi.
Une banlieue qui elle aussi se cherche
Le film évoque finalement bien peu la question des usages identitaires des nouvelles technologies mais il révèle beaucoup sur la façon dont les jeunes de banlieues vivent leur condition. Si la question des origines multiples semble toujours difficile à gérer, elle finit par se résoudre dans l'affirmation d'une identité française qui sert de creuset à toutes les autres. En revanche, la domination sociale pèse lourdement sur les aspirations de ces jeunes qui vivent souvent leur avenir sur le mode du rêve ou de la frustration. Par exemple, Zouer, jeune rapper qui sait qu'il ne « percera » pas mais qui n'en continue pas moins de jouer avec son groupe, Kaled, qui a intégré in extremis un lycée professionnel et qui se sent depuis un rescapé scolaire, ou encore Maeva qui se dit heureuse de pouvoir discuter "d'autres gens que ses neveux ou ses copines". La capacité d'analyse n'est pas réservée aux universitaires, Nayra la chercheuse s'entendant dire par Tarik : « Elle ne va rien trouver, parce qu'il n'y a rien à trouver ici. Elle va juste apprendre des choses qu'elle ne connaissait pas avant, c'est tout. »
Mais si le « terrain » affleure sans cesse et perce l'écran par la puissance des témoignages, l'objet du film est aussi de montrer les coulisses d'une enquête en sciences sociales, le travail d'équipe et le questionnement collectif qui la rend possible. Il le fait de manière vivante et accessible, en épargnant au spectateur le jargon académique et la litanie des hypothèses scientifiques. La démarche est assez proche de « La sociologie est un sport de combat », le portrait de Pierre Bourdieu par Pierre Carle, mais cette fois-ci le sujet du film n'est pas un chercheur mais la recherche elle-même, avec ses tâtonnements et ses inventions, ses ratages et ses pépites arrachées à la banalité du quotidien. Au-delà du jeu de mot, le titre indique bien l'ambition de ce "reportage ethnologique" qui prend à la fois pour objet les universitaires et les jeunes de banlieue. Au bout du compte, tout le monde se retrouve à égalité quand il s'agit de chercher à comprendre ce qui donne sens et valeur à la vie.
Vincent Goulet
"Univers-Cités", documentaire de 52 mn d'Ana Milena Pabón. Périphéries Productions, CEMIC/Université Bordeaux 3, PLAN-LARGE.
http://univers-cites-lefilm.blogspot.com/
Photographies : Vincent Bengold et Périphéries productions.
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09 novembre 2011
Je fulmine depuis hier, quand j’ai reçu la newsletter de l’excellent site « Le crioc », en voici un extrait, j’espère qu’il interpellera certains indécis. Le JT de RTL en a parlé également, voyez l’extrait en bas de cet article.
Diffusez l’info au maximum, prévenez vos jeunes, grands et même plus petits afin qu’ils ne deviennent pas pigeons à leur tour.
A mon avis, après avoir lu cela, la décision d’arrêter de fumer sera plus facile à prendre.
Ce que les producteurs de cigarettes nous réservent
Une importante firme de tabac a introduit auprès du Ministre fédéral de la santé, une demande d’autorisation pourajouter trois nouvelles substances aux cigarettes et aux produits à base de tabac.
Pourquoi ? Pour vendre plus me direz-vous. Oui, mais surtout pour séduire les jeunes.
Et c’est là où la moutarde m’est montée au nez hier !
Une cigarette allumée est comme une petite usine chimique: la fumée contient des milliers de substances chimiques, dont beaucoup sont toxiques et même réputées cancérigènes. Vous vous doutez bien que chacune de ces substances a une fonction.
- Certaines d’entre elles vont favoriser l’absorption de nicotine dans le sang, ce qui favorise la dépendance.
- D’autres substances vont favoriser son élimination, mais après absorption, créant ainsi plus rapidement le sentiment de manque.
- D’autres substances sont là pour modifier le goût.
Alors à quoi vont donc bien pouvoir servir les substances E133, E418 et MCT ?
- L’objectif du colorant bleu E133 est, sans doute, de charmer certains jeunes. Cet additif aura comme effet de colorer la fumée en bleu, permettant ainsi de se différencier ou de se faire remarquer. De plus ce colorant est halal et casher question de ne pas se priver d’un segment de la population.
- La Gomme gélatine E418, également halal et casher, a certains effets laxatifs. Or certaines personnes fument une cigarette pour aller aux toilettes, ce public sera séduit. Cet additif accroît le goût du tabac et peut aussi diminuer l’âcreté du tabac qui est un frein au tabagisme des jeunes. Le E418 servira aussi à fixer le MCT qui est liquide.
- Enfin, last but not least, le MCT ou Medium Chain Triglycérides peut être utilisé pour soigner l’épilepsie, mais est aussi un coupe faim. On peut donc postuler que cette substance permettra de renforcer l’idée selon laquelle fumer permet de maigrir ou coupe efficacement la sensation de faim. Or les jeunes sont très sensibles à cet argument en particulier ceux qui tentent de copier l’image véhiculée par la publicité et les autres médias. Cerise sur le gâteau, la crainte d’arrêter et de risquer de prendre du poids sera renforcée.
Voilà donc trois substances qui sont relativement « inoffensives », mais dont l’usage risque bien de renforcer les ventes de cigarettes auprès d’un public particulièrement courtisé. Car plus jeune on commence à fumer plus longtemps on fumera, il s’agit donc des fumeurs de demain.
Ainsi, les fumeurs adultes ont, pour la plupart, commencé à l’adolescence.
C’est pourquoi le CRIOC demande aux autorités publiques de ne pas autoriser l’introduction des substances E133, E418 et MCT dans les cigarettes et produits à base de tabac.
C’est à Madame Onkelinx que la demande a été introduite. La ministre de la santé a transmis cette demande au SPF Santé publique, qui est l’organisme chargé d’analyser chaque année si la liste des substances de tabac est bien respectée par les firmes. Le SPF Santé publique a déjà envoyé la demande au Conseil supérieur de la Santé. Ce dernier a commencé le dossier le 23 mai. Le temps de créer un groupe de travail composé de différents experts, la réponse devrait tomber d’ici fin août, début septembre. Ils rendront leurs avis à Madame Onkelinx, qui décidera, après analyse du rapport, d’accorder ou non cette demande.
07 novembre 2011
AFP Publié le 20/09/2011
Faut-il interdire aux moins de 18 ans les films où l'acteur, tel Humphey Bogart, tire sur sa cigarette? Le débat est ouvert au Royaume-Uni après une étude montrant que plus les adolescents voient des personnages fumer à l'écran, plus ils sont enclins à fumer eux-même. Des chercheurs de l'Université de Bristol ont interrogé plus de 5.000 adolescents de 15 ans sur une cinquantaine de films parmi 360 films à succès sortis entre 2001 et 2005, dont Spider Man, Bridget Jones ou Matrix.
Les ados qui avaient vu le plus de films montrant des acteurs fumant à l'écran avaient 73% plus de chances d'avoir essayé la cigarette, et 50% de plus d'être fumeurs, par rapport à ceux qui avaient vu moins de films. Même en pondérant les résultats avec d'autres facteurs de risque reconnus, tels que parents et amis eux-même fumeurs, l'étude publiée dans le magazine Thorax conclut que les adolescents les plus exposés à des films montrant des fumeurs ont 32% plus de chance d'essayer la cigarette eux-même.
Or, selon Andrea Waylen, qui a dirigé l'étude, "plus de la moitié des films montrés au Royaume Uni où les personnages fument sont autorisés pour les 15 ans ou moins, ce qui expose clairement les enfants et les adolescents à la cigarette". Le centre d'étude sur le contrôle du tabac (UK Centre for Tobacco Control Studies) appelle le bureau de classification des films à revoir ses préconisations pour l'âge des films.
Actuellement, pour être classé "pour tous", un film doit exclure les scènes pouvant "présenter des comportements dangereux susceptibles d'être copiés par les jeunes enfants", tels que l'usage de drogues ou la violence, mais pas la cigarette. Le bureau de classification du cinéma (BBFC) a estimé que ses recommandations étaient "proportionnées" et prenaient en compte à la fois le risque posé et la volonté du public. Selon le BFCC, "le public n'est pas favorable à un classement automatique portant à 18 ans l'âge recommandé pour un film comportant une scène où quelqu'un fume".
12 octobre 2011
Les élèves du secondaire sont apparemment beaucoup moins touchés que leurs cadets par les conditions de travail de leurs parents. À leur âge, seuls l'horaire de leur père et sa profession (ainsi que celle de leur mère) semblent liés aux résultats scolaires.
C'est ce que révèlent les résultats préliminaires de Linda Tulk, doctorante en psychologie sociale, qui doit déposer sa thèse sur le sujet en février. «L'adolescent devient de plus en plus autonome et se détache de son milieu familial. C'est donc logique que le travail des parents ait moins d'impact sur lui et ressorte moins que d'autres facteurs», avance l'étudiante de l'Université Laval, qui se base elle aussi sur les données recueillies par l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes.
La qualité de la relation avec les parents demeure néanmoins un facteur important de réussite et de bien-être chez les adolescents. «Mais la qualité des interactions familiales vaut peut-être mieux que leur quantité. Et puis, à cet âge, les relations avec les amis jouent aussi un rôle», souligne Mme Tulk.
07 octobre 2011
Alors que certains socialistes s'interrogent sur la légalisation du cannabis, une mère en colère s'inquiète des conséquences que pourraient avoir une telle décision. Si même au collège le cannabis est en vente quasi-libre, qu'en serait-il s'il était officiellement admis ?
"Je dis dites-leur et dis-leur, De casser la gueule aux dealers
Qui dans l'ombre attendent leur Heure, L'hor-Reur, De mi-Nuit"
(Serge Gainsbourg, "Aux enfants de la chance")

Il est d’usage de considérer les zones de relégation périphérique de nos villes cossues comme des territoires de non-droit où règnent en maîtres dealers, chouffes, "nourrices" et autres petites mains dévouées au trafic de drogue. Y sont ainsi déployés forces de l’ordre, services sociaux et aides médico-psychologiques, même si l’ensemble de ces services publics y sont notoirement en sous-effectifs.
Dans le confort de nos quartiers bourgeois, on aime à feindre que l’essor et la propagation de ce fléau sont négligeables et que, dès lors, nul n’est besoin d’y développer les mêmes services et les mêmes stratégies préventives et répressives. Or, de la même façon que les enfants de banlieues sont en danger, nos enfants, ceux qui ont la chance de vivre dans des quartiers privilégiés et d’étudier dans des collèges et lycées réputés, ne le sont pas moins.
Il n’est guère de coutume qu’un chercheur s’exprime publiquement hors des sentiers balisés de son objet. Pour y faire exception, je m’exprimerai en tant que mère, exceptionnellement, sur un sujet qui ne relève pas de mon domaine, et en empruntant un pseudonyme afin de mettre à l'abri mon fils contre toute forme de représaille.
Le cannabis circule en toute impunité
Extrêmement privilégiés, nous vivons tous deux dans le 5ème arrondissement de Paris, quartier huppé s’il en est. Elève, jusqu’à l’année dernière, au prétendument "établissement d’excellence" qu’est le collège Henri IV, mon fils a été initié à la consommation de cannabis par un dealer sévissant au Jardin de l’Observatoire, encore appelé le "Petit Luco", ou, plus prosaïquement, "la petite Jamaïque"…

(Torgen Hansen - Flickr en CC)
Les responsables de Henri IV s’émeuvent-ils que leurs élèves s’adonnent à la consommation de stupéfiants ? Il est vrai que ces derniers ne s’émeuvent pas de grand chose, focalisés qu’ils sont sur les élèves dont, dès l’année de 6ème, ils estiment qu’ils seront de la future graine de "prépa".
M’étant entretenue alors avec la proviseur du collège pour l’alerter quant aux difficultés qu’éprouvait mon fils (doté d’un QI supérieur à la moyenne) à trouver sa place dans une machine qui porte au pinacle les têtes de classe et broie les suivants, celle-ci m’avait fait la confidence que toutes sortes de stupéfiants circulaient dans l’établissement.
Ces responsables ont-ils alerté les services de police quant à ce trafic à ciel ouvert ? Que nenni. Ont-ils saisi les brigades des mineurs ou des stupéfiants ? Que nenni. Ont-ils avisé l’aide sociale à l’enfance ? Que nenni.
Mais que font les responsables pédagogiques ?
Etant donné que les parents sont souvent les derniers à prendre conscience des dangers qu’encourent leurs enfants, je ne me suis guère alarmée, je dois le concéder, des changements d’humeur de mon fils. Plus. Répondant à son désir de changer d’établissement, je l’ai inscrit dans un autre collège, toujours dans le très prisé 5ème arrondissement. Les responsables de cette institution privée laïque, informés de la fragilité de mon fils, étant donné le deuil qui l’a frappé à l’âge de sept ans, m’ont offert toutes les garanties quant à leur souci de lui assurer un suivi plus humain, eu égard à l’indifférence manifeste des responsables de Henri IV.
Quelle ne fut pas ma stupeur, lorsque, il y a quelques jours, la Conseillère Principale d’Education (CPE) m’informa que mon fils s’était acoquiné avec un élève notoirement connu pour sa consommation régulière de cannabis et qu’un professeur avait remarqué que mon propre fils s’était présenté en cours avec les pupilles étrangement dilatées.
La CPE a-t-elle, au vu de la consommation flagrante de stupéfiants dans son établissement, averti les services idoines ? Que nenni. A l’annonce de l’état de souffrance où devait se trouver mon enfant, il m’a fallu faire ma propre enquête et remonter la filière lui permettant de s’adonner, depuis plusieurs mois, à un usage régulier et, partant, dévastateur, de cannabis. J’ai, à cette occasion, découvert, effarée, que les collèges et lycées Henri IV, Sévigné, Lavoisier, Montaigne, ainsi que l’Ecole Alsacienne, où sont inscrits nombre d’enfants de notre élite intellectuelle, journalistique et politique, permettaient de s’adonner, en toute impunité, et dans une indifférence générale, à l’usage de drogue.
Mais que fait la police ?
Afin qu’il réalise la gravité de ses actes, j’ai trainé mon propre fils au commissariat du 5ème arrondissement pour y déposer une main-courante, démarche symbolique qui a eu l’heur de lui faire réaliser l’étendue des méfaits qu’il s’infligeait à lui-même. Il en a conçu une telle confusion, qu’il m’a demandé à changer d’établissement et à partir en pension où, je le crains, s’il n’est pas suffisamment armé, il pourrait bien se retrouver dans la même posture.
J’ai, en outre, sommé les parents des enfants avec lesquels il se livrait à ces abus, que ces derniers ne l’approchent plus. Je vais aussi déposer une plainte contre la direction de ces établissements pour non-assistance à personne en danger. Enfin, j’ai indiqué à la police où nos enfants se procurent leur drogue, à savoir au "Petit Luco".
Chaque soir, de préférence le samedi, les dealers y vendent leur poison en toute licence. La police, qui n’intervient jamais contre ces marchands de mort, m’a fait la promesse de s’y rendre. Les promesses n’engageant que ceux qui les écoutent, je m’y rendrai aussi. Et s’il est un dealer à qui je pourrais rendre la monnaie de sa pièce, je ne me gênerais pas, fût-ce au prix de ma sécurité…
On pourra m’objecter que ce n’est que lorsque mon enfant, issu d’un milieu privilégié, a été directement affecté par cette gangrène, que j’ai consenti à prendre la plume pour m’en offusquer. Je juge l’argument parfaitement recevable. Mais, à ma décharge, spécialiste du monde arabe et non des questions relatives à la société française, en tant que chercheur, je suis certes, grâce à mes collègues, parfaitement au faîte de ces questions, mais je ne m’y suis jamais confrontée professionnellement.
Partant, ce témoignage est celui d’une mère, exceptées ses qualités d’universitaires. S’ils s’en trouvent à se résoudre à mener un combat collectif contre un trafic qui a, il faut bien le dire, longtemps arrangé certains édiles qui y voyaient un moyen commode d’assurer la paix sociale, j’en serais.
03 octobre 2011
Les adolescents qui regardent des films montrant des acteurs en train de fumer ont deux fois plus de risque de commencer, conclut cette étude portant sur plus de 5.000 ados de 15 ans. Cette étude, publiée dans la revue scientifique Thorax, contribuera au débat sur les facteurs qui encouragent à la première cigarette et sur les mesures de prévention du tabagisme chez les jeunes. En somme, faut-il aussi interdire la cigarette dans les films?
L'étude transversale menée dans 6 pays européens par des chercheurs de l'Université de Bristol et de la Dartmouth Medical School (Etats-Unis) rapporte que les adolescents les plus exposés aux films dans lesquels les personnages fumaient sont 73% plus susceptibles d'avoir essayé la cigarette. Une fois ajustés pour les facteurs confondants, l’étude conclut à risque plus élevé de 32%.
Menée à partir des données de la grande étude cohorte Avon Longitudinal Study of Parents and Children (ALSPAC) qui, au départ avait recruté 14.500 femmes enceintes, les chercheurs ont utilisé l’interview assistée par ordinateur pour interroger leurs enfants adolescents sur une base de 50 films sélectionnés au hasard, tirés d'une liste de 366 films populaires contemporains. Le nombre d'occurrences de personnages en train de fumer dans chaque film a été comptabilisé.
Les résultats confirment que plus nombreuses ont été les expositions au tabagisme dans les films, plus le risque d’avoir essayé la cigarette est élevé.
- · Les ados les plus exposés sont 73% plus susceptibles d'avoir déjà essayé la cigarette vs les moins exposés (RR :1,73 IC :95% de 1,55 à 1,93) et après ajustement, ce risque relatif tombe à 1,32.
- · Les ados les plus exposés sont 47% plus susceptibles de déclarer qu'ils fument, après ajustement pour l'âge, le sexe, les facteurs sociaux et les influences familiales. (RR :1,47 IC :95% de 1.7 à 2.1).
En effectuant une méta-analyse des études existantes, les auteurs concluent que le tabagisme dans les films double la probabilité d’avoir essayé la cigarette (RR :2,13 IC : 95% de 1,76 à 2,57) et augmente de 68% la probabilité de fumer actuellement (RR :1,68 IC :95 % de 0,40 à 2,01).
En conclusion, cette étude de grande envergure est une contribution précieuse à la discussion sur les habitudes de tabagisme chez les adolescents et apporte un précieux instantané sur le développement des habitudes tabagiques à l’adolescence.
Source: Thorax August 25 2011 doi:10.1136/thoraxjnl-2011-200489 Smoking in movies and adolescent smoking: cross-cultural study in six European countries.
28 septembre 2011


inscription : arcadasso@gmail.com
21 septembre 2011
Do sexualized lyrics in popular music have an impact on the sexual behavior and attitudes of adolescents?
Researchers Cougar Hall, Joshua H. West, and Shane Hill from Brigham Young University in Provo, Utah, take a look at the trend of increasing use of sexually explicit lyrics in music. Their findings, published online in Springer’s journal Sexuality & Culture, provide food for thought for educators whose focus is to promote healthy sexual development.
Cougar Hall explained, “Considering previous research establishing an association between sexualized music lyrics and adolescent sexual behavior, our findings unfortunately offer sexuality educators a stormy forecast.”
The amount of music that 8-18 year olds listen to has increased by 45 percent in recent years, rising dramatically with the popularity of MP3 players, such as iPods. Previous research has indicated that there is a strong link between exposure to sexual media (on screen and in music) and sexual activity. Teens tend to overestimate the sexual activity of their peers and one source of this misperception is the entertainment media. In this study, the researchers analyzed the lyrics from the top 100 songs in the Billboard Hot 100 year-end most popular songs every decade from 1959 to 2009. They found that male and non-White artists were more likely to write songs with sexual lyrics in the past two decades and that there were more sexual references overall in 2009 than in 1959.
The authors point out that not all sexual references are equal, and degrading and sexualized music can have a deleterious effect on teens. For girls in particular, this can lead them to judge their personal worth on a sexual level only, leading to poor body image, depression, eating disorders, and substance abuse.
The authors advise that their findings raise serious concerns related to the promotion of unhealthy sexual messages in music. They conclude: “Popular music can teach young men to be sexually aggressive and treat women as objects while often teaching young women that their value to society is to provide sexual pleasure for others. It is essential for society that sex education providers are aware of these issues and their impact on adolescent sexual behavior.”
Tuesday, September 6th, 2011 | Sex & Sexuality | Springer Select- psypost
20 septembre 2011
• Date de validation
25 mai 2011
• Support
Manga
• Thème dominant
Toutes drogues illicites et plus précisément le cannabis, les produits dopants
• Public visé
Adolescents
• Objectif/ Descriptif
Cet outil de prévention est composé d'un manga et d'un guide de l'animateur.
L’objectif pour lequel a été conçu le manga Kusa est de faire passer un message de prévention sur la
consommation de cannabis en travaillant sur les représentations et les émotions des jeunes.
Le guide de l'animateur s’attache exclusivement à l’accompagnement des animateurs sur la conduite
d’une animation de prévention des conduites addictives. Toutefois, le contexte du récit proposé par
Kusa faisant référence au monde des adolescents, l’intervenant peut utiliser ce manga en support
d’une intervention pouvant répondre à tout autre questionnement de la part du groupe de jeunes
(relation filles / garçons, loyauté, pression du groupe, violences...). Des compétences spécifiques sur
ces thèmes sont néanmoins nécessaires
• Auteurs
O.Phan (scénariste expert) ; O. Hazziza (scénariste) ; E. Zinsou (illustrateur)
• Diffusion
Le manga est disponible aux éditions K'noe: http://www.kusa-lemanga.fr/
Le guide de l'animateur est téléchargeable gratuitement téléchargeable gratuitement sur le site de la
MILDT: www.drogues.gouv.fr , sur le site d'Emergence: www.imm.fr et sur le site du CRIPS Ile de
France: www.lecrips-idf.net
• Coût
9 euros
Possibilité de suivre une formation au bon usage de l'outil. Pour obtenir plus de
renseignements, consulter le Dr Olivier Phan : olivier.phan@imm.fr